France — Algérie. Négociations prometteuses, sur fond de vaudeville politique

La visite « lunaire » de Ségolène Royal en Algérie le 29 janvier dernier, (immédiatement qualifiée « d’initiative personnelle » par le Quai d’Orsay, défaussant toute implication du gouvernement français !) fait office de préambule tragi-comique à ce vaudeville politique.

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France — Algérie. Négociations prometteuses, sur fond de vaudeville politique
Laurent Nuñez, ministre de l'Intérieur, D.R.

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Une visite en forme d’acte de contrition, de plates excuses et flagorneries qui fut bien entendu « appréciée » par le président Tebboune… et beaucoup moins par une grande partie de la diplomatie française, à commencer par l’ancien ambassadeur de France en Algérie, Xavier Driencourt qui a déclaré : « Ségolène Royal ne connaît pas vraiment ces dossiers et se comporte en porte-parole du gouvernement (…) alors qu’elle ne représente qu’elle-même. »

Mme Royal ayant conclu que tout le monde s’entendait bien avec l’Algérie, sauf la France. Et que c’était bien dommage. C’est vrai, et il est également dommage d’oublier le Maroc. Voilà.

Comme nous le savons, les rapports entre Alger et Paris traversent une zone de fortes turbulences. Ils se sont nettement assombris depuis que la France a choisi, à l’été 2024, d’apporter son soutien à un projet d’autonomie du Sahara occidental placé sous « souveraineté marocaine ». Cette prise de position a ravivé les tensions diplomatiques et profondément altéré l’équilibre déjà fragile de la relation bilatérale, ouvrant une séquence de crispations entre les deux capitales.

16 février : Tandis que le ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, foulait le sol d’Alger pour une visite officielle de deux jours, effectuée à l’invitation de Saïd Sayoud, son homologue algérien, le président Tebboune, lui, accordait simultanément une audience au dirigeant nigérien issu du coup d’État, le général Tiani. Ce dernier imputant à Paris des desseins de déstabilisation à l’égard de son pays et l’accusant d’apporter un soutien occulte à des groupes armés qualifiés de terroristes. Pour l’heure le « général » Tiani était venu dans un souci de réconciliation avec Tebboune, après une sombre histoire de drone nigérian abattu par les forces algériennes, qui avait causé une brouille de voisinage assez sérieuse, impliquant une rupture brutale des relations diplomatiques entre Alger et les pays de l’Alliance des États du Sahel : Niger, Mali et Burkina Faso. Ah, et bien « mince », en écoutant madame Royal, on croyait dur comme fer qu’en dehors de la « méchante France » tous les pays s’entendaient bien avec l’Algérie… à part, donc, le Maroc, le Niger, le Mali et le Burkina Faso… On est déçus ! Nous qui croyions dur comme fer aux paroles de « tata Ségolène »… on aurait peut- être mieux fait de se « désolidariser fissa », comme le Quai D’Orsay !  

La présence du général Tiani à Alger, concomitante à celle ne notre ministre de l’intérieur était certainement due à un hasard de calendrier (compressé par la proximité du ramadan) plutôt qu’à une volonté belliqueuse. Toujours est il que dans son discours de réconciliation, le général putschiste n’a pas manqué de tacler la France et de la désigner comme un ennemi. Quelques temps auparavant, il n’avait pas hésité à accuser notre pays d’être responsable de l’attentat commis sur l’un de ses aéroports et à déclarer que le Niger se préparait à « aller en guerre » contre la France. Aller en guerre ? Mais avec quoi, grand Dieu ? Avec les quelques avions dont leur armée dispose, notamment les deux valeureux Soukhoï Su-25, avions russes « anti chars » rescapés des années 80, qui ne passent pas le mur du son et dont le rayon d’action n’excède pas 500 km ? Avions, soit-dit en passant, qui furent en grande partie financés par la France, c’est-à-dire avec l’argent de nos contribuables. Notre gouvernement a bien évidemment démenti formellement toute implication dans les malheureux attentats subis par les Nigérians et l’État-major français s’est contenté de répondre que cette « déclaration de guerre » devait certainement être comprise dans le sens d’une « guerre informationnelle », une façon polie de signifier que le putschiste Tiani était en train de raconter n’importe quoi.  

Ayant bien négocié dans ses plans d’amélioration de la coopération sécuritaire avec le ministre Saïd Sayoud, Laurent Nuñez finit par être, le lendemain, reçu par le président Tebboune, dans le cadre d’une entrevue constructive et d’apaisement où il fut même envisagé de mettre l’Algérie à contribution dans le cadre d’une amélioration des relations franco-nigériennes. Pourquoi pas ? En bref, après de longues réflexions et de nombreuses conditions plus ou moins respectées, notre ministre de l’intérieur a fini par se déplacer, rencontrer au sommet les responsables algériens et faire avancer un processus de rapprochement, en matière de collaboration sécuritaire fructueuse pour les deux nations.  Et même si le cas de Christophe Gleizes (journaliste français, qui purge une peine de sept ans de prison pour une soi-disant « apologie du terrorisme ») semble demeurer au point mort, dans l’attente d’une hypothétique grâce présidentielle, notre ministre français rentre avec la satisfaction d’avoir posé les jalons d’une future « coopération sécuritaire de très haut niveau » avec l’Algérie. Voilà une bonne nouvelle et une lueur d’espoir à l’horizon, pour la France et nos amis algériens.

Quant à Ségolène Royal, elle ne donne plus de nouvelles, pour l’instant. Il y a quelques semaines, juste avant de partir « faire le show » à Alger, elle donnait des conseils avisés aux journalistes du média Le Crayon, sur le net. Elle avait trouvé des solutions pour neutraliser les incivilités et délinquance des jeunes de banlieue fauteurs de troubles à travers les rodéos urbains. « Il faut les faire sortir de là (…) Ils ont une passion, la mécanique (…) il n’y a qu’à les envoyer sur des circuits, à Montlhéry, les former comme mécaniciens… On manque de mécaniciens, les garages ont du mal à embaucher (…). Et puis il faudrait créer des écoles de cascadeurs, on manque de cascadeurs en France, on est obligé de les chercher à l’étranger »… Voilà, des écoles de cascadeurs… Un vaudeville, on vous avait prévenus. n
 

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