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C’est l’invasion récente, sur les réseaux, d’un nouveau drapeau identitaire « hétérosexuel » (dont nous n’avons pas pu trouver clairement l’origine précise) qui nous a mis la puce à l’oreille, est-il utile de signifier ainsi son identité sexuelle, avec une précision super spécialisée. Ce qui dans le cas d’un « profil hétéro » nous paraît inutile et plutôt ridicule. À l’origine, le drapeau arc-en-ciel (créé en 1978 par Gilbert Baker*) se voulait un symbole large d’inclusion.
La récente multiplication délirante de déclinaisons (liste ci-dessous non exhaustive) finit par donner l’impression d’une fragmentation quasi paranoïaque, où chaque identité précise possède son propre emblème. Attention : la légitimité à défendre les droits et la dignité des personnes LGBT+, c’est non négociable. Mais côté symboles, on frôle parfois la collection printemps-été Desigual ! Une nouvelle identité ? Une variation ? Et hop, un nouveau drapeau ! Aujourd’hui, il semble qu’il faille un nuancier Pantone, un guide illustré et peut-être même un abonnement premium pour suivre l’actualité vexillologique** des identités contemporaines. À ce rythme, on attend la mise à jour annuelle : “Pride Flag 12.4 – correctif inclusif et patch diversité”. Sans oublier la récupération commerciale : quand les rayons des supermarchés ressemblent à un festival de tissus bariolés, chaque mois de juin, on peut se demander si c’est la cause avance ou si c’est le marketing qui, lui, se porte simplement très bien !

Effet secondaire logique et attendu : la confusion générale ! Le citoyen bienveillant, prêt à soutenir l’égalité, se retrouve face à un « bordel multicolore » qu’il n’ose plus commenter de peur de confondre la version 2018 avec la 2025. À force de vouloir représenter chaque subtilité, on transforme un message universel en nuancier spécialisé. Le message simple (“égalité et dignité pour tous”) se mue en manuel technique de 84 pages.
Le grand public, pourtant favorable à l’égalité, regarde ce gigantesque mur de couleurs comme un test-surprise : “Interro écrite vendredi prochain.” ! Le fond du sujet mérite mieux qu’une compétition de design. À trop vouloir préciser les identités, on finit par perdre la force du symbole commun. À trop segmenter, on fragmente. À trop décliner, on dilue.
Et si militer intelligemment consistait à brandir moins de drapeaux… et plus d’arguments ? Souvent, une bannière, avec moins de tissus… et plus de fond, ça flotte bien mieux !
*Gilbert Baker (1951-2017) était un artiste américain. Il a inventé et cousu lui-même le drapeau de la fierté Gay, qui flotta pour la première fois dans le ciel de San Francisco, le 25 juin 1978.
**Vexillologique, qui relève de la vexillologie : étude des drapeaux et pavillons, nationaux ou provinciaux. (Il suffit de le savoir, voilà tout !)
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