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GUILLAUME MEURICE
Le psychorigide
Tapant toujours à droite, muet sur sa gauche. Traite Netanyahou de « sorte de nazi mais sans prépuce », provoquant l’indignation. Incapable de s’excuser, se prenant pour un éditorialiste, il perd son sens de l’humour et persiste jusqu’à se faire virer de France Inter.

PIERRE-EMMANUEL BARRÉ
Anar de gauche & borderline
Là on est à la limite… Ça passe, tout juste. Un équilibre précaire pour ce « gueulard » charismatique et vulgaire, souvent marrant, qui ne tape qu’à droite et au centre. Une plainte récente pour insulte à la police… mais défendu bec et ongle par la direction de la radio privée qui l’emploie. Borderline, et clivant.

MUSTAPHA EL ATRASSI
Humour communautariste et racialiste.
Invite dans son show à « insulter les gwers » (les blancs) en disant qu’ils « puent ». C’est « l’idiot utile » de Reconquête (« vous voyez, les franco marocains insultent les blancs ») Éric Zemmour devrait lui envoyer des fleurs.

BLANCHE GARDIN
Apprentie sorcière & pleurnicharde.
Un vrai grand talent. Mais qui joue avec la provoc depuis des années, se déclare (avec humour !) « Antisémite » lors d’une soirée de soutien à Gaza. Indignation… Apparaît ensuite sur les réseaux, à débunker les journalistes, compter le nombre de bébés tués par le Hamas… à se plaindre d’être boycottée par le « métier », et devoir « vendre sa maison ».

SOPHIE ARAM
Objet humoristique non identifié
Officiellement, Sophia Aram était une humoriste « sévissant » sur les ondes radiophoniques. De dérives en déclarations politiques, d’accrochages en règlements de compte par « sketchs » interposés, elle finit par devenir de moins en moins comique et de plus en plus engagée. Défenseuse de la laïcité et accusée de sectarisme, d’islamophobie, elle est aujourd’hui chroniqueuse de presse.

GASPARD PROUST
Droitard & borderline
Un vrai talent. Le « Desproges du futur » frappe sur tout ce qui bouge, à gauche. Il compense son « mépris snob » et ses débordements par un sens savant de la formule, une conscience de jusqu’où il peut « aller trop loin » et un torrent d’autodérision. Souvent marrant, mais clivant. Borderline.

DIEUDONNÉ MBALA MBALA
L’infréquentable
Un grand talent, il fut le meilleur « seul en scène » de la profession. Ses revendications mémorielles, post colonialistes et ses saillies racialistes, antisémites l’ont entraîné dans une spirale infernale. Provocateur de mauvais goût, allant jusqu’à inviter le célèbre négationniste Faurisson sur scène, Dieudonné a été de multiples fois condamné par la justice française et interdit de spectacle.
Le rire n’est jamais innocent.
En principe, l’humour fait rire, mais il révèle aussi beaucoup sur la société. Selon le philosophe Henri Bergson, le comique naît de la rigidité ou du « mécanique plaqué sur le vivant » : on rit de ce qui dévie de la souplesse humaine. Le rire exige un public, un écho collectif, et une distance émotionnelle, trop de gravité ou de sensibilité bloque le comique. Pour Bergson, il sert à corriger en douceur, à maintenir une cohésion sociale.
Pierre Bourdieu, lui, voit l’humour sous l’angle du pouvoir. Il dépend du capital culturel et de la position sociale : ce qui fait rire dans un milieu peut être jugé vulgaire ou offensant dans un autre. Le comique devient alors une arme symbolique, ridiculisant certains groupes et légitimant des hiérarchies sociales. Contrairement à Bergson, le rire n’est pas neutre : il peut exclure et dominer. C’est également ainsi qu’il définissait la notion de « bon goût » qui n’est rien d’autre, pour lui, que la stigmatisation du mauvais goût des autres. « Le bon goût “bourgeois” se définit surtout par opposition au mauvais goût des prolétaires »
Aujourd’hui, les polémiques autour de Guillaume Meurice, Sophia Aram ou Pierre Emmmanuel Barré révèlent le double visage du rire : il rassemble autant qu’il fracture. Leur humour fédère un public et en irrite un autre, exposant au grand jour les tensions et les rapports de force d’une société plus polarisée que jamais. L’équilibre est devenu fragile : le socle culturel et politique commun s’est réduit, rendant le consensus plus rare. Certes, l’humour n’échappe pas aux clivages et il est impossible de plaire à tous. Mais certains y parviennent presque : Philippe Caverivière, Fabrice Eboué, Jérémy Ferrari ou Alex Vizorek réussissent, sans faire l’unanimité, à embarquer la grande majorité des rieurs. Preuve que le rire peut encore traverser les lignes de fracture, mais au prix d’un dosage de plus en plus subtil et d’un zeste d’auto dérision.
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